TENTATIVE D’ATTENTAT ET ASSASSINAT D’AURELIE CHATELAIN A VILLEJUIF I SID-AHMED GHLAM : « C’EST COMME SI C’ÉTAIT MOI QUI L’AVAIT TUÉ, C’EST COMME SI C’EST MOI QUI L’AVAIT FAIT, JE SUIS RESPONSABLE ».

La deuxième semaine du procès relatif à l’attentat partiellement manqué de Villejuif a été marquée par des déclarations confuses et imprécises du principal accusé, Sid-Ahmed GHLAM, face aux parties civiles.

Cette semaine, la famille et les proches d’Aurélie CHATELAIN, en qualité de parties civiles, ont été invités à témoigner devant la Cour des conséquences de la disparition de l’être cher.

Son père d’abord, sous l’émotion, a livré un court témoignage, indiquant qu’il se sentait coupable de ne pas avoir accompagné sa fille en région parisienne : « cette culpabilité, je l’aurais toujours ».
Tous décriront Aurélie comme ouverte, souriante, dynamique, sportive. Cette mère célibataire aux revenus faibles, soutenue par ses parents financièrement, cherchait à se reconvertir dans le milieu du fitness en devenant coach sportive et professeur de pilates. C’était d’ailleurs dans cette perspective qu’elle patientait à l’intérieur de son véhicule sur le parking où elle a été assassinée en attendant de rejoindre son second stage qualifiant.

Son ancien conjoint, avec qui Aurélie a eu une petite fille, a tenu à se concentrer dans son témoignage sur sa fille, âgée de moins de 4 ans au moment des faits, et la façon dont cette dernière a été touchée par le décès brutal de sa mère. Il est revenu sur l’épreuve qu’a été l’annonce de la disparition d’Aurélie à leur fille. La veille de sa mort, il venait d’apprendre par sa nouvelle femme qu’il allait être père et que sa fille allait devenir grande sœur. Il avait décidé d’attendre le retour d’Aurélie pour permettre une annonce commune : « M. GHLAM, vous imaginez ? Au lieu d’annoncer la vie, j’ai annoncé la mort ! »
Il lira un court texte de leur fille : « Je suis toujours aussi triste depuis 6 ans, j’avais 4 ans, comment comprendre, ça m’a traumatisé, j’ai peur qu’une personne malveillante me tue, me kidnappe ou s’en prenne à ma famille, j’en peux plus des attentats, que ça soit à Nice, ou à l’étranger, j’en deviens malade".

A l’issue de ces témoignages rendant hommage à Aurélie tout en détaillant la douleur de l’absence, Sid-Ahmed GHLAM a souhaité s’exprimer : « C’est comme si c’était moi qui l’avait tué, c’est comme si c’est moi qui l’avait fait, je suis responsable. ».
Cette expression soudaine de culpabilité et ses regrets inattendus ont semblé répondre, non sans mystère, aux propos de l’enquêteur venu faire une synthèse des éléments d’enquête devant la Cour. Celui-ci avait auparavant indiqué s’être heurté au moment des investigations à un « mur de silence » et à des versions variables selon les éléments identifiés.

Si la salle a semblé retenir son souffle durant ces quelques secondes de prise de parole du principal accusé, taiseux voire muet jusqu’alors, l’Avocat Général, lui, s’est montré peu sensible à ces timides remords. Il sera reproché à Sid-Ahmed GHLAM un énième changement de sa version des faits, un tissu de mensonges selon lui.

La poursuite des débats apportera peut être plus de réponses qu’en première instance, ce qu’espèrent du moins les familles même si la vigilance est de rigueur au regard de l’attitude changeante de Sid-Ahmed GHLAM. A leurs côtés, la FENVAC, représentée par Me CHEMLA, continuera d’assister quotidiennement aux audiences et de jouer un rôle actif pour analyser les déclarations déroutantes du principal accusé notamment. Grâce à l’œuvre de la justice, la vérité n’est peut-être plus si inaccessible.

Retrouvez un synthèse complète des débats tenus lors de cette deuxième semaine.

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