ON RESSORT ÉPUISÉ D’UN PROCÈS AUSSI LONG

Depuis le 5 septembre 2022, le procès de l’attentat terroriste du 14 juillet 2016 à Nice est ouvert devant la cour d’assises spéciale de Paris. Pour Monaco Hebdo, Sophia Seco, directrice générale de la Fédération nationale des victimes d’attentats (FENVAC), évoque ce procès hors norme.
Un peu plus de deux mois après le procès des attentats du 13 Novembre 2015, c’est encore un procès terroriste hors norme qui s’est ouvert le 5 septembre 2022 devant la cour d’assises spéciale de Paris : en quoi ce procès est-il historique ?
Ce procès s’inscrit dans un contexte terroriste particulièrement prégnant pour la France. Il est important pour les victimes et pour la société en général d’avoir des réponses sur les préparations de ce type de tuerie de masse. Et comprendre, sous l’angle de l’histoire, comment des personnalités comme Mohamed Lahouaiej Bouhlel peuvent en arriver là. Il faut aussi retenir la capacité de la justice à s’adapter à un grand nombre de victimes, comme c’est le cas pour les attentats du 13 novembre ou pour l’attentat de Nice. De gros progrès ont été réalisés. Les parties civiles ont une place à part entière dans l’enceinte judiciaire. Tout un cadre préparatoire a été mis en place pour elles. On critique beaucoup la justice à bien des égards, mais si tout n’est pas parfait, beaucoup de progrès ont été réalisés pour les victimes d’attentats. À tel point que certaines victimes d’accidents collectifs, ou d’autres drames de droit commun, envient cet accompagnement et cette prise en charge.

Il y a aussi les chiffres : avec 86 mort et 458 blessés, cela fait de cet événement le second attentat le plus meurtrier en France depuis la Seconde Guerre mondiale ?
C’est exact. Et puis, il y a également la dimension internationale. Car cet attentat de Nice a touché beaucoup de ressortissants étrangers. Par ailleurs, des victimes mineures étaient présentes sur la promenade des Anglais, ce soir-là. Cela donne une connotation particulière à cet attentat, que l’on n’a pas connue sur les attentats de Paris de Paris ou de Saint-Denis. Nous étions lors sur des profils différents. Le caractère très populaire lié au 14 juillet, une fête nationale, fait que tout le monde s’identifie aux victimes. Et se dit : «  J’aurais pu y être.  »

«  Comme tout procès pénal, le premier enjeu consiste À permettre aux victimes de se réapproprier un vécu qui leur a échappé, parce qu’elles sont individuellement victimes, dans un bilan victimaire massif  »

Selon vous, quel est le principal enjeu de ce procès ?
Il est très difficile de répondre à cette question, car, selon les personnes, c’est très variable. On constate déjà qu’il y a un faible nombre de parties civiles présentes à Paris et à Nice. Comme tout procès pénal, le premier enjeu consiste à permettre aux victimes de se réapproprier un vécu qui leur a échappé, parce qu’elles sont individuellement victimes, dans un bilan victimaire massif. Il s’agit aussi de comprendre. Et de savoir qu’il y a eu des actes préparatoires, que l’auteur a rencontré un certain nombre de personnes, qu’il s’est rendu à tel endroit, qu’il a fait tel repérage, etc. Je pense que cela participe à la reconstruction, en recollant les morceaux. Mais aussi, en pouvant témoigner, en disant leur vérité, ce procès, à la différence des attentats du 13 novembre, va permettre de mettre en lumière le traitement qui a été réservé aux victimes de l’attentat de Nice. Ces victimes ont été faites après les attentats de Paris, qui ont suscité un énorme émoi à travers la France. Du coup, parfois, les victimes de l’attentat de Nice ont le sentiment d’avoir été des victimes de seconde zone, un peu oubliées, un peu maltraitées. Cela s’est notamment ressenti dans le parcours indemnitaire face au fonds de garantie.

Qu’attendent les parties civiles de ce procès ?
Les parties civiles ont un besoin de reconnaissance, qui est lié à ce sentiment d’avoir été malmenées, maltraitées depuis le 14 juillet 2016. Il y a aussi un besoin de réponse, surtout sur les défaillances au niveau de la sécurité. De notre côté, nous essayons d’expliquer que ce ne sera pas cet angle-là qui sera jugé par la cour d’assises spéciale de Paris. Une instruction est ouverte à Nice sur ce sujet. Mais il est compliqué pour certaines parties civiles de faire la part des choses, car elles font l’amalgame entre l’acte terroriste lui-même, et le fait qu’il ait été permis par cette défaillance de sécurité présumée.

La diffusion des images de cet attentat était-elle nécessaire (1) ?
Cette question est très délicate, et il est difficile d’avoir un avis tranché. Cela peut être évolutif, en fonction des faits et du public visé. Mais je pense qu’il est difficile de comprendre l’ampleur d’un tel phénomène sans avoir les images en tête. En prenant l’exemple de la Shoah, dans la pédagogie et dans le souvenir collectif que l’on peut avoir d’un drame humain de ce type, les images parlent d’elles-mêmes. Elles permettent vraiment d’ancrer le souvenir dans quelque chose d’incontestable, d’objectif, de circonstancié, et d’intemporel. S’il y a bien un endroit où ces images peuvent être valorisées, avec toute la portée historique qu’elles méritent, c’est dans l’enceinte d’un procès pénal.

«  Les images de l’attentat permettent vraiment d’ancrer le souvenir dans quelque chose d’incontestable, d’objectif, de circonstancié, et d’intemporel. S’il y a bien un endroit où ces images peuvent être valorisées, avec toute la portée historique qu’elles méritent, c’est dans l’enceinte d’un procès pénal  »

Il y a donc un certain degré d’horreur qu’une cour d’assises doit assumer, au nom de la manifestation de la vérité ?
Le juge pénal n’est pas là pour faire de l’émotionnel. Il le dit bien, et il le répète. Il cherche à être le plus impartial et le plus neutre possible. Cette réflexion dans sa logique de jugement à la fois des faits, mais aussi des personnes, doit être empreint de la réalité de ce qu’il juge. À savoir, les images.

Réservé aux parties civiles, le dispositif de Web radio sécurisée qui diffuse l’intégralité des débats, apporte satisfaction ?
Si on a pu connaître quelques couacs au démarrage du procès des attentats du 13 novembre concernant cette Web radio, toutes les problématiques techniques qui ont pu avoir lieu ont été résolues. Tout fonctionne à la perfection, en tout cas depuis la France. Rien n’est à signaler, et la diffusion est de très bonne qualité.

Six ans après cet attentat, le travail de deuil a-t-il pu commencer ?
En général, les victimes n’aiment pas dire qu’elles font leur deuil. Car on ne fait jamais le deuil d’un être cher. Et encore moins lorsqu’on le perd dans de pareilles circonstances. C’est une épreuve à laquelle elles sont obligées. Elles apprennent à vivre avec, jour après jour. Évidemment, le temps rend les choses un peu plus supportables. Souvent, le procès vient raviver des souvenirs traumatiques extrêmement douloureux. Cela peut expliquer la mise en retrait de certaines familles, notamment par rapport à cette audience pénale. C’est une question qui est très intime.

C’est-à-dire ?
Il y a des personnes qui vont être aidées par le fait de pouvoir témoigner, de raconter leurs frères, leurs parents, ou leurs époux devant la cour d’assises. Cela permet de les refaire exister à travers ce procès, à travers des anecdotes… Cela peut parfois permettre de déposer quelque chose, et de repartir en ayant un sens du devoir accompli. Cela peut aussi laisser le sentiment de leur avoir rendu justice. Au contraire, d’autres personnes ont la conviction que cela ne changera absolument rien, que ça ne ramènera pas les personnes disparues. Et que, de toute façon, c’est se faire du mal inutilement.

Ce procès s’est ouvert le 5 septembre 2022 sans l’auteur de l’attentat, qui a été tué, ni complice : du coup, les parties civiles risquent de ne pas obtenir beaucoup de réponses à leurs questions ?
C’est le risque. Et c’est ce à quoi nous préparons les parties civiles, depuis le démarrage de l’instruction. Effectivement, on peut craindre de la déception. C’est évident. Néanmoins, il est aussi important de rappeler qu’à l’audience pénale, tout est posé sur la table. Tous les actes d’investigation, tous les enquêteurs se succèdent pour expliquer comment ils ont travaillé, y compris dans leur approche des victimes. Je pense que, malgré tout, cela permet aux personnes concernées d’avoir des réponses sur des choses qui les taraudent depuis six ans maintenant.

Quelles questions, en particulier ?
Pourquoi mon enfant a-t-il subi une autopsie et pas les autres victimes ? Pourquoi a-t-on tardé avant d’intervenir ? Pourquoi on ne m’a pas prévenu à tel instant, alors que des personnes en avaient la possibilité ? Le fait d’entendre en direct les professionnels et les enquêteurs venir expliquer comment cet après-drame et comment cette enquête se sont déroulés, va permettre d’apporter des éléments de réponse. Cela donnera un socle à ce chemin de reconstruction, qui sera ancré sur la vérité. Et on sortira aussi de toutes ces hypothèses complotistes. Cela objectivera un peu la réalité, cela rendra les choses plus concrètes, plus palpables. Parce que même si les victimes sont parties civiles dans l’instruction, un dossier de cette nature est tentaculaire. C’est extrêmement violent, et rares sont les parties civiles qui se sont pleinement plongées dedans pour obtenir des réponses à leurs questions. Elles se sont souvent reposées sur leurs avocats, mais qui, et c’est normal, ont une certaine retenue dans ce qui peut être expliqué. Là, il n’y a plus de filtre. Il n’y a plus de censure. Les victimes ont accès à tout. Elles entendent tout. C’est à partir de là qu’elles vont pouvoir se réapproprier leur histoire, et se faire leur conception de la vérité.

Néanmoins, il y a un énorme décalage entre la douleur profonde des victimes et des accusés sans grande envergure ?
Malheureusement, c’est quelque chose d’assez récurent sur les procès terroristes. On va avoir prochainement le procès en appel de l’attentat de Charlie Hebdo, et en première instance, c’était exactement la même chose. C’est le propre des actes terroristes contemporains. Généralement, les auteurs directs sont neutralisés, et on a à faire, dans les cas plus aboutis, à des complices, sinon à des seconds couteaux, qui ont participé de manière assez éloignée à la préparation de l’acte. Évidemment, on a l’impression d’avoir à gérer des cas sociaux, et à devoir entendre des justifications à ce passage dans une forme de radicalisation. C’est toujours très compliqué. Je pense que c’est ultra violent pour les victimes. C’est une dimension du procès pénal dont on parle peu, mais qui est extrêmement douloureuse, et qui peut parfois même susciter la colère.

Est-il cohérent de juger en même temps des accusés pour des faits de nature terroriste, et d’autres pour des faits de droits communs, qui comparaissent d’ailleurs libres ?
Là on rentre dans un débat juridique. Je considère que ce qui compte, c’est le résultat et l’attentat commis par Mohamed Lahouaiej Bouhlel. Je comprends la démarche de la justice de créer une forme d’unité autour de ce crime et de juger en même temps. Cela permet une meilleure compréhension du rôle de chacun. Toutes les personnes qui ont, à un moment donné, dans la préparation de cet attentat, interféré avec le terrorisme sont là. Maintenant, charge à la cour d’assises spéciale de Paris de déterminer si elles avaient conscience, ou non, du projet terroriste.

«  Ces victimes ont été faites après les attentats de Paris, qui ont suscité un énorme émoi à travers la France. Du coup, parfois, les victimes de l’attentat de Nice ont le sentiment d’avoir été des victimes de seconde zone, un peu oubliées  »

Comment continuer à faire un travail de mémoire autour de cet attentat, alors que le 14 juillet reste un jour de fête nationale en France ?
Les victimes de l’attentat de Nice ont une double, voire triple peine, par rapport à ce calendrier malheureux. Il est difficile de répondre à cette question. Des personnes ont transformé cette date du 14 juillet, en une sorte de journée nationale d’hommage aux victimes de l’attentat de Nice. D’ailleurs, elles ne se reconnaissant pas forcément dans la journée nationale du 11 mars décrétée par le président de la République. Le 14 juillet s’est substitué à ça. Pour les victimes de l’attentat de Nice, cette date ne retrouvera jamais sa connotation originelle.

Que faudrait-il faire pour que le public n’oublie jamais ce 14 juillet 2016 ?
Pour que le public n’oublie jamais ce 14 juillet 2016, il faudrait déjà entendre la parole des victimes. C’est le premier pas. Et c’est ce vers quoi on avance, grâce à cette audience pénale. Parce qu’il y a ce qu’on entend dans les médias, et il y a ce que l’on voit. Mais pour avoir été à Nice au moment de cet attentat, et avoir reçu en entretien des centaines de victimes, je peux vous assurer que ce qu’elles racontent, et ce qu’elles décrivent des conséquences de l’attentat, ça reste dans un cerveau, et ça n’en sort jamais. Il faut incarner cet attentat à travers des récits de personnes qui étaient là, et ce, quel que soit leur degré d’exposition au terroriste. Par exemple, des personnes qui se trouvaient sur le balcon du palais de la Méditerranée, ont vécu un traumatisme extrêmement profond, de par le syndrome de culpabilité de ne pas avoir aidé davantage, de ne pas avoir prévenu des personnes que le camion arrivait, etc. Pour comprendre l’entièreté des conséquences d’un acte comme celui-ci, seules les victimes peuvent porter ces messages. On peut faire des musées, ou bien d’autres choses. Mais ces musées reposeront essentiellement sur ce que les victimes ont à apporter.

Où en est l’indemnisation des 2 429 victimes et familles de victimes recensées ?
Toutes les victimes que nous avons accompagnées, et qui présentaient un préjudice en lien avec l’attentat, ont été orientées vers le fonds de garantie pour présenter une demande d’indemnisation. Un grand nombre de victimes ont reçu des provisions. Six ans après l’attentat, en fonction des dommages subis, on peut considérer que les trois quarts des dossiers ont été clôturés. C’est-à-dire que le fonds de garantie a fait une offre d’indemnisation à chacune des victimes. Le problème n’est pas tant sur le nombre de victimes qui se sont manifestées. Le problème est davantage sur la façon dont ces victimes ont été indemnisées.

Comment ça ?
Nous avons des retours d’expérience de certaines personnes qui ont subi des expertises médicales extrêmement violentes, avec des médecins qui ont eu un positionnement inadapté à leur égard, sous estimant leur préjudice, dénigrant leur vécu, et parfois même, remettant en question leur qualité de victime. Si cela était marginal pour les attentats du 13 novembre, cela a été récurrent pour l’attentat de Nice. La procédure d’indemnisation devant le fonds de garantie, cette obligation pour les victimes de devoir répéter, justifier, et argumenter chaque aspect de leur vie depuis cet attentat, est parfois plus difficile à supporter que le procès pénal. Parce qu’elles ont l’impression que ce sont elles qui sont jugées.

«  C’est le propre des actes terroristes contemporains. Généralement, les auteurs directs sont neutralisés, et on a à faire, dans les cas plus aboutis, à des complices, sinon à des seconds couteaux, qui ont participé de manière assez éloignée à la préparation de l’acte  »

Certaines victimes réclament un autre procès pour questionner les failles de sécurité, autour de ce 14 juillet 2016 à Nice ?
À Nice, une information judiciaire a été ouverte sur les défaillances de sécurité autour de la promenade des Anglais. Certaines victimes se sont constituées parties civiles dans cette procédure. Nous n’y sommes pas, parce que nous n’avons pas de compétences pour y être. De toute façon, ce n’est pas un point sur lequel nous souhaitions aller. Cependant, j’ai l’impression que beaucoup de personnes ont ces questionnements, mais que peu d’entre elles sont informées de cette procédure, qui est timidement instruite à Nice. D’après ce que j’ai entendu, cette information judiciaire, pourrait déboucher sur rien. Néanmoins, avec des parties civiles à l’instruction, cela permet quand même aux victimes de poser des questions au juge, d’avoir accès aux pièces du dossier, et de comprendre certaines choses.

D’autres ont aussi évoqué leurs interrogations concernant des prélèvements massifs d’organes sur les victimes ?
Ce qui nous a été dit au lendemain de l’attentat de Nice, c’est que des autopsies ont été réalisées sur certaines victimes sans prévenir les familles au préalable. Du coup, les familles arrivaient à l’institut médico-légal, et découvraient des corps abîmés par les investigations faites sur eux. Ce n’est que plus tard qu’elles ont appris les prélèvements d’organes. Sur l’instant, ça n’est pas remonté jusqu’à nous. Je l’ai découvert récemment, dans la presse.

Les débats devraient durer trois mois et demi, et se terminer mi-décembre 2022 : dans quel état psychologique ressort-on d’un procès aussi long ?
On ressort épuisé d’un procès aussi long. Tenir un procès sur des journées complètes, à la différence du procès pour les attentats du 13 novembre, c’est une vraie épreuve physique. Les victimes doivent être attentives de 9 heures à 20 heures, non stop. C’est compliqué, parce qu’elles sont plongées dans quelque chose qui leur est complètement inconnu. On parle technique, on parle un jargon judiciaire auquel elles ne sont absolument pas habituées. Cela demande une capacité d’attention et de concentration maximale que la plupart ont perdu du fait de l’attentat et du traumatisme qu’elles subissent. Sous l’angle de l’énergie nécessaire, c’est extrêmement prenant.

Évoquer à nouveau cet attentat, et cela pendant des mois, c’est donc une réelle épreuve pour les victimes ?
C’est le propre du procès : tout remuer, tout ressasser, pour en faire ressortir la vérité. Cela demande aux victimes une sorte d’introspection sur elles-mêmes, sur ce qu’elles essaient d’oublier, ou en tout cas de dépasser, depuis six ans. Pour certaines victimes, avoir la force d’être à nouveau confrontées à tout ça et de le dépasser, fait partie de la reconstruction. On les prépare, mais cela ne veut pas dire que ce n’est pas douloureux. Cela ne veut pas dire que ça ne laisse pas de traces. C’est pour ça que nous sommes extrêmement vigilants dans l’accompagnement que l’on met en place tout au long de l’audience, mais aussi après un procès, parce qu’il y a un effet que l’on appelle «  trou noir  », où tout s’arrête.

Qu’est-ce que l’effet «  trou noir  » ?
C’est le moment où l’attention n’est plus sur ce que les victimes ont vécu. L’attention n’est plus sur elles, non plus. Elles retombent dans une forme d’anonymat, sans aucun jalon auquel se raccrocher : plus de procès, plus de réunions d’informations, le dossier fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d’autres infractions (FGTI) est clos… C’est ce livre entier, qui est si lourd à porter, mais qui occupait presque quotidiennement les victimes depuis six ans, qui se termine. Les victimes se retrouvent alors seules face aux conséquences, quelque part éternelles, de l’attentat. Cela peut être très compliqué. Il faut donc être très vigilant.

1) Le 14 septembre 2022, au procès de l’attentat de Nice, le président de la cour a annoncé que le visionnage du scellé de la vidéosurveillance, demandé par de nombreuses parties civiles, aura finalement lieu publiquement, rejetant ainsi la demande de huis clos. La diffusion de ces quatre minutes et dix-sept secondes d’horreur s’est déroulée le 15 septembre 2022. La majorité des parties civiles souhaitaient cette diffusion, afin de mieux comprendre la réalité brute de cet attentat, et des 1 850 mètres parcourus sur la promenade des Anglais par le camion de 19 tonnes, conduit par Mohamed Lahouaiej Bouhlel. Toute captation de ces images était interdite.

Crédit photos : © Photo DR /// © Photo Monaco Hebdo /// © Photo Mairie de Nice /// Interview réalisé par Raphael BRUN pour le n° 1255 du 22 septembre 2022 de MONACO HEBDO

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